Quelques textes

… en science, en technique, en histoire des sciences et en Ă©thique

Publié le 07.10.2019
Temps de lecture estimé : ~ 4 min.

Voici juste une petite liste, avec quelques extraits. Ă€ ĂŞtre complĂ©tĂ© avec le temps.

The Meaning of It All: Thoughts of a Citizen Scientist, Richard Phillips Feynman (1998)

It is a great adventure to contemplate the universe, beyond man, to contemplate what it would be like without man, as it was in a great part of its long history and as it is in a great majority of places. When this objective view is finally attained, and the mystery and majesty of matter are fully appreciated, to then turn the objective eye back on man viewed as matter, to view life as part of this universal mystery of greatest depth, is to sense an experience which is very rare, and very exciting. It usually ends in laughter and a delight in the futility of trying to understand what this atom in the universe is, this thing—atoms with curiosity—that looks at itself and wonders why it wonders. Well, these scientific views end in awe and mystery, lost at the edge in uncertainty, but they appear to be so deep and so impressive that the theory that it is all arranged as a stage for God to watch man’s struggle for good and evil seems inadequate.

Some will tell me that I have just described a religious experience. Very well, you may call it what you will. Then, in that language I would say that the young man’s religious experience is of such a kind that he finds the religion of his church inadequate to describe, to encompass that kind of experience. The God of the church isn’t big enough.”

L’Avenir des mathĂ©matiques, Henri PoincarĂ©

« Les mathĂ©maticiens attachent une grande importance Ă  l’Ă©lĂ©gance de leurs mĂ©thodes et de leurs rĂ©sultats; ce n’est pas lĂ  du pur dilettantisme. Qu’est ce qui nous donne en effet dans une solution, dans une dĂ©monstration, le sentiment de l’Ă©lĂ©gance ? C’est l’harmonie des diverses parties, leur symĂ©trie, leur heureux balancement; c’est en un mot tout ce qui y met de l’ordre, tout ce qui leur donne de l’unitĂ©, ce qui nous permet par consĂ©quent d’y voir clair et d’en comprendre l’ensemble en mĂŞme temps que les dĂ©tails. Mais prĂ©cisĂ©ment, c’est lĂ  en mĂŞme temps ce qui lui donne un grand rendement ; en effet, plus nous verrons cet ensemble clairement et d’un seul coup d’Ĺ“il, mieux nous apercevrons ses analogies avec d’autres objets voisins, plus par consĂ©quent nous aurons de chances de deviner les gĂ©nĂ©ralisations possibles. Â»

Science et mĂ©thode, Henri PoincarĂ©

« Le savant n’étudie pas la nature parce que cela est utile ; il l’étudie parce qu’il y prend plaisir et il y prend plaisir parce qu’elle est belle. Si la nature n’était pas belle, elle ne vaudrait pas la peine d’être connue, la vie ne vaudrait pas la peine d’être vĂ©cue. Je ne parle pas ici, bien entendu, de cette beautĂ© qui frappe les sens, de la beautĂ© des qualitĂ©s et des apparences ; non que j’en fasse fi, loin de lĂ , mais elle n’a rien Ă  faire avec la science ; je veux parler de cette beautĂ© plus intime qui vient de l’ordre harmonieux des parties, et qu’une intelligence pure peut saisir. Â»

Les archives Grothendieck

Voir le site dĂ©diĂ© mis en place par l’universitĂ© de Montpellier.

Ce site contient les archives mathĂ©matiques d’Alexandre Grothendieck de 1949 Ă  1991. On y trouvera des manuscrits, des « tapuscrits », parfois des documents imprimĂ©s, dans un classement fidèle pour l’essentiel (quand il existait ) au classement de l’auteur. Sur les 28000 (environ) pages de ce fonds, seules 18000 (environ) sont actuellement accessibles : pour des raisons de droits on ne peut diffuser les lettres des correspondants de Grothendieck sans leur autorisation.

Lettre de Pasteur Ă  Duruy, 11 aoĂ»t 1863 : Correspondance, tome 2

« Ah ! si j’Ă©tais persuadĂ© d’arriver sĂ»rement Ă  des rĂ©sultats scientifiques ou pratiques importants dans cette direction, je n’aurais pas hĂ©sitĂ© Ă  accepter et Ă  solliciter mĂŞme l’aide de Sa MajestĂ©. Bien plus, j’aurais eu cette pensĂ©e, que dans de pareilles conditions, l’Empereur eĂ»t Ă©tĂ©, pardonnez-moi ce langage, mon obligĂ©, plutĂ´t que je n’aurais Ă©tĂ© le sien. Quelle comparaison, en effet, Ă©tablir entre une dĂ©pense relativement minime et une amĂ©lioration sensible et permanente dans l’une des sources pricinpales de la richesse du pays !»